Étendue — Étendisme
Probabilisme, Déterminisme, Évolutionnisme et Développementalisme représentent quatre angles d’étude du devenir spatiotemporel.
Le probabilisme rend compte de l’état subatomique d’existence des particules élémentaires, les quanta. L’état subatomique représente une situation où les particules subatomiques présentent la capacité d’exister en fonction d’états superposés. Un état superposé traduit un ensemble de probabilités découlant des caractéristiques prises par une particule subatomique en fonction du contexte dans lequel elle est observée. Particule et contexte forment un duo déterminant, tant pour l’un que pour l’autre, où dépendamment du contexte d’observation se trouve à être modifiée la situation rendue par la particule, où, si l’on préfère ce que pourra qualifier l’observateur qui se penche sur cette situation : lui-même étant de ce fait partie prenante de la qualification du contexte dans lequel prend place l’observation. La décohérence traduit le passage de la situation quantique à la situation et constitue un point de passerelle entre le monde quantique et le monde atomique.
Le déterminisme reconnaît l’existence d’un lien immuable entre les causes et les effets : entre les phénomènes conséquents et les phénomènes antécédents. Cette forme de représentation du devenir est linéaire au sens où tout agit et est agi selon des lois historiques.
L’évolutionnisme se penche sur une anomalie du devenir déterminé au sens où le processus des causes et des effets engendre l’apparition d’une nouveauté : les conséquents déterminent les antécédents. Avec le processus conduisant à la vie apparaît une anomalie relationnelle qui fait que des conséquents démontrent qu’il découle quelque chose de nouveau du fait d’un agencement particulier d’antécédents. Cette anomalie déclencherait un devenir différencié non plus caractérisé par une détermination simple, mais par un déterminisme finaliste (Claude Bernard) s’exprimant à travers une nouvelle notion : celle d’évolution.
Enfin, le développementalisme rend compte du travail conscient réalisé par des formes de vie sur leur propre évolution. Le développement traduit une montée en capacité du pouvoir d’agir d’êtres vivants sur leur propre historicité.
La citation suivante de Leleu1Leleu, F., Le Big Bang — Une histoire de l’univers (2020) https://webfred.lautre.net/jphy/index.php/cours-cycle‑4/9‑organisation-et-transformation-de-la-matiere/56-le-big-bang-l-histoire-chimique-de-l-univers (2020) nous permet d’établir une forme de complémentarité entre l’angle déterministe des lois naturelles de la physique classique et le point de vue des transformations conséquentes de l’évolutionnisme :
La Terre des origines se serait formée peu après notre Soleil il y a 4,5 milliards d’années, un milieu d’abords hostile avec une surface de lave en fusion et probablement une collision avec un autre astre (Theïa) qui forma notre satellite la Lune, un milieu peu propice à la vie… Il fallut attendre que la Terre se refroidisse, qu’une écorce se forme à sa surface et que suffisamment de vapeur condense pour former les premiers océans. Les premières traces de vie remonteraient à 4 milliards d’années, de simples cellules qui auraient ensuite évoluées au gré de mutations génétiques vers des espèces de plus en plus complexes jusqu’à la diversité des espèces que nous connaissons aujourd’hui. Dans cette chronologie, les premières espèces du genre “homo” (homo-habilis, homo ergaster…) sont apparues il y a environ 2 millions d’années, l’homme moderne (homo sapiens) n’étant apparu qu’il y a environ 300 000 ans.
Si quatre points de vue permettent d’identifier quatre champs de manifestations des transformations, du changement en général et d’expression de la futurité, un cinquième point d’analyse nous fournit une clé intégrative entre ces derniers : l’étendisme. Par étendisme, nous entendons l’ensemble des processus et dynamiques, la totalité des passages du qualitatif au quantitatif et du quanti au quali, permettant de suivre et de comprendre ce qui est advenu, advient et adviendra esthétiquement et éthiquement entre l’infiniment petit et l’infiniment grand.
Notes
- 1Leleu, F., Le Big Bang — Une histoire de l’univers (2020) https://webfred.lautre.net/jphy/index.php/cours-cycle‑4/9‑organisation-et-transformation-de-la-matiere/56-le-big-bang-l-histoire-chimique-de-l-univers