Éveil
Dans l’expression « Manifeste de l’Éveil », nous attribuons un faisceau de sens au mot « éveil ». L’éveil, tel que nous l’entendons, réfère à la combinaison de trois significations.
La première signification que nous retenons tient au fait que nous observons, dès la fin du 20e siècle, le bourgeonnement d’une prise de conscience sur l’importance qu’exerce notre empreinte écologique tant sur les écosystèmes terrestres et marins, sur la perte de la diversité écologique, sur les dérèglements climatiques que sur la prégnance d’externalités polluantes. Cette prise de conscience prend la forme d’éveil progressif à la question écologique faisant suite, pour ainsi dire, à une longue période de sommeil profond dans lequel nous étions plongé·e·s.
Une deuxième signification du mot éveil est relative à la façon dont nous devrons nous comporter à l’avenir. C’est-à-dire, de façon responsable au plan social et respectueuse au plan écologique. Il y a dans l’idée « d’éveil » une présence des premières manifestations d’une recomposition de nos attentions à l’égard, par exemple, des enjeux sociétaux en matière de justice sociale et de justice environnementale. S’éveiller aux réponses à apporter à ces questions, c’est donc les faire siennes, dans un premier temps, et, dans un deuxième, vouloir transformer la réalité pour ne plus sombrer à nouveau dans une léthargie dé-responsabilisante.
Enfin une troisième signification est d’ordre défensif. Le mot éveil renvoie également à l’idée d’être en état d’avertissement, de vigilance face au danger du retour en arrière. Ce sens, nous lui donnons une fonction particulière, celui d’être attentif à la tentation de renouer avec les maux à la source des grands problèmes actuels. Oui, il importe de prendre conscience et de s’éveiller à de nouvelles façons d’être, d’agir ou de penser. Mais attention, il importe aussi de ne pas redonner prise aux anciens mots d’ordre, postures idéologiques, attitudes et comportements.
Pourquoi parler de civilisation de l’Éveil ? Parce que cet éveil est le niveau de l’éveil est d’ordre global. Nous ne pouvons pas nous contacter de changements mineurs, c’est l’ensemble du corps sociétal qui demande à être recomposé. Historiquement parlant, nous avons externalisé tellement d’éléments pour atteindre le type de progrès illustrant la modernité mondialisée que l’internalisation des externalités exigera une longue période de transition. Une transition dont la portée se voudra tout aussi mondiale et globale que l’est devenue la modernité.