Basculement axial
La transformation des sociétés est un processus régulier et continu. Elle prend la forme d’une transition lorsque les transformations sont spécifiquement orientées et coordonnées afin de répondre à des problèmes qui affectent le bon fonctionnement de l’ordre établi. Maintenant, les processus et dynamiques de la transition prennent la forme d’un basculement, à l’image simplifiée d’une révolution, lorsque la nouvelle configuration civilisationnelle est assez mature pour remplacer et se substituer à l’ancienne. Ce que Karl Marx qualifiait de passage de la subsomption formelle à la subsomption réelle.
Un « basculement du monde » : la formule vise à exprimer tout à la fois l’ampleur exceptionnelle des mutations en cours et la gravité des enjeux. Elle vise à alerter : attention ! nous ne sommes pas dans une simple période de changement, comme il y en a tant eu, depuis quelques siècles ; et, si nous n’en prenons pas conscience à temps, nous risquons de nous trouver confrontés à d’immenses périls que nous aurons nous-mêmes suscités (Beaud, 1997)1Beaud, Michel (1997). Basculement du monde, http://classiques.uqac.ca/contemporains/beaud_michel/balculement_du_monde/beaud_basculement_monde_1.pdf.
En réponse aux maux générés par l’ordre de la modernité mondialisée, Michel Beaud qualifie la transformation à faire advenir en termes de basculement. Pourquoi basculer ? Pour agir sur l’axe du développement historique afin de lui insuffler une nouvelle orientation : tant aux niveaux cognitif, technique, social, politique, économique que culturel.
Notes
- 1Beaud, Michel (1997). Basculement du monde, http://classiques.uqac.ca/contemporains/beaud_michel/balculement_du_monde/beaud_basculement_monde_1.pdf