Buen vivir

Le Buen vivir (vivre bien) est une expression présente dans plusieurs communautés autochtones précolombiennes. Il se nomme suma qamana chez les Aymaras, nande reko chez les Guaranis, sumak kawsay chez les Kichwas… Buen vivir fait référence « à l’art de vivre bien et harmonieusement dans une communauté »1Monica Chuji, Grimaldo Rengifo et Eduardo Gudynas (2022). « Buen vivir », dans Kothari et ali. Plurivers. Un dictionnaire du post-développement, Les Bruyères, Wildproject, pp. 190 à 194, p. 191.. Cet art relève à la fois de « dimensions sociales et écologiques » (Ibid.).

De façon globale, la posture du Buen vivir se désaffilie de la suprématie attribuée aux concepts de progrès et d’histoire, représentée comme une totalité intégrative de la destinée des sociétés humaines. Est aussi remise en question l’idée du développementalisme et « son obsession pour la croissance économique, le consumérisme, la marchandisation de la nature » (Ibid.). Enfin, le Buen vivir reconnaît une valeur intrinsèque aux non-humains.

Le discours du buen vivir a une double fonction de critique de la modernité européenne et de proposition de reconstruction culturelle, sociale et politique. Il inclut autant l’idée d’interdépendance entre la société et son environnement que celle de l’universel comme réalité plurielle. Par conséquent, il s’impose en rupture fondamentale avec les idéologies occidentales modernes, principalement celles du dualisme société-nature et de l’universalisme eurocentrique2Julien Vanhulst et Adrian Beling (2013). « Buen vivir et développement durable : rupture ou continuité ? », Presses de Sciences Po (Écologie et politique), 1, n. 46, p. 41 à 54, p. 47..

Notes

  • 1
    Monica Chuji, Grimaldo Rengifo et Eduardo Gudynas (2022). « Buen vivir », dans Kothari et ali. Plurivers. Un dictionnaire du post-développement, Les Bruyères, Wildproject, pp. 190 à 194, p. 191.
  • 2
    Julien Vanhulst et Adrian Beling (2013). « Buen vivir et développement durable : rupture ou continuité ? », Presses de Sciences Po (Écologie et politique), 1, n. 46, p. 41 à 54, p. 47.
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