Transition

Nous utilisons le mot « transition » pour qualifier une ampleur particulière des transformations à apporter à l’ordre civilisationnel modern mondialisé. En fonction de cette utilisation spécifique, nous retenons la définition donnée par Maurice Godelier (1990).

Par transition on désigne aujourd’hui une phase très particulière de l’évolution d’une société, la phase où celle-ci rencontre de plus en plus de difficultés, internes et/ou externes, à reproduire le système économique et social sur lequel elles se fondent et commence à se réorganiser, plus ou moins vite ou plus ou moins violemment, sur la base d’un autre système qui finalement devient à son tour la forme générale des conditions nouvelles d’un autre système1Godelier, Maurice (1990). La théorie de la transition chez Marx. Sociologie et sociétés, 22 (1), 53 – 81), p. 53..

Godelier réfère ici à un processus qui affecte une société bien que son texte porte sur le processus de transition qui a affecté les sociétés européennes lorsqu’elles sont passés d’une formation économique et sociale féodale à une formation économique et sociale capitaliste. Il parle donc de processus et de dynamiques qui affectent de façon concomitante un ensemble de sociétés qui transitent d’un ordre civilisationnel à un autre.

Voilà exactement le sens que nous faisons notre. Par transition à une civilisation de l’Éveil, nous entendons un ensemble de processus et de dynamiques qui s’ancrent dans des espaces territoriaux nationaux et dans des espaces institutionnels et organisationnels afin de renouveler l’ordre en place en réponse à un ensemble de maux qui rendent moins effectif ou performant l’ancien ordre civilisationnel.

Deux commentaires permettent de compléter notre pensée.

Premièrement, il est important de rappeler que la notion de transition est neutre philosophiquement ou politiquement parlant. Transiter ne signifie pas nécessairement aller vers une situation meilleure. La transition qualifie la mécanique de transformation et non la qualité transformative. En d’autres mots, il n’y a ni fonction téléologique à cette mécanique, ni finalité positive en soi. La finalité du processus est fondamentalement liée aux jeux des acteurs en place.

Deuxièmement, il est tout aussi important de relever la dimension holistique d’une transition prenant place aux échelle sociétale ou civilisationnelle. Dès lors, on ne peut réduire la transition à une seule dimension : technique ou énergétique. Pas plus qu’elle ne peut représenter une réponse qu’à un seul problème : le réchauffement climatique. Une transition civilisationnelle permet une mise à niveau d’ensemble des attributs d’une civilisation.

Notes

  • 1
    Godelier, Maurice (1990). La théorie de la transition chez Marx. Sociologie et sociétés, 22 (1), 53 – 81), p. 53.
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